Après 130 années de bons et loyaux services, le filament de la lampe à incandescence va définitivement disparaître.
Dans sa directive EuP 2005/32/EC (exigences en matière d’éco-conception applicables aux produits consommateurs d’énergie), l’Union européenne a établi une liste de mesures visant à réduire sensiblement les émissions de CO2 par la promotion d’un éclairage toujours plus efficace. L’un des volets de ces mesures concerne, entre autres, l’éclairage domestique.
Jusqu’au 1er septembre 2016 (programme échelonné) toutes les lampes à incandescence, trop énergivores, auront en principe disparu des rayons des magasins. Il s’agit notamment des lampes halogènes (sauf celles de la classe B). Les lampes particulières, p.ex. celles pour les fours, frigos, lampes spots etc., ne sont pas concernées par la directive européenne.
La Suisse s’est alignée sur les normes européennes. A terme, l’économie réalisée devrait correspondre à la consommation annuelle en électricité de la ville de Berne. L’éclairage représente environ 14% de la consommation d’électricité en Suisse.
En attendant les lampes du futur (OLEDs), les lampes « économiques » remplacent les traditionnelles ampoules à filament. Elles se caractérisent par un rendement lumineux élevé. Ainsi, une ampoule à incandescence de 100 watts (classe énergétique E, F et G) peut être remplacée par une ampoule économique de 20 watts. Sa durée de vie varie entre 6'000 et 15'000 heures, contre 1'000 pour une ampoule à incandescence classique.
Dès le 1er septembre 2011,
- les lampes claires avec une puissance absorbée de 60 watts et plus devront atteindre au moins la classe d’efficacité C
Dès le 1er septembre 2012,
- les ampoules à incandescence traditionnelles ne seront plus livrées aux points de ventes
- les lampes dépolies devront appartenir à la classe d’efficacité A
- toutes les lampes claires devront appartenir au moins à la classe d’efficacité C
-
Exception : les lampes à réflecteur (principalement utilisées pour les projecteurs).
Les lampes halogènes vendues aujourd’hui correspondent en grande partie à la classe D ou C, les plus efficaces même à la classe B.
Les alternatives aux ampoules à incandescence traditionnelles sont donc :
- les ampoules économiques
- les lampes halogènes de la classe d’efficacité C, voire plus économiques
- l’ampoule LED (pour certaines applications) et, dans un futur proche, les OLED’s.
Enfin, sachez que :
- les ampoules classiques et les halogènes sont des lampes à incandescence
-
les tubes «fluo» et les lampes dites « à basse consommation » ou fluocompactes sont des lampes fluorescentes.
Les « tubes néons » devraient en fait être appelés « tubes fluorescents ».
Lampes à incandescence traditionnelle
La lampe à incandescence classique a été inventée par Thomas Edison et Joseph Swan. Le premier brevet date de 1879. Elle est communément appelée « ampoule » (du latin ampulla = petit flacon) et c’est également sous cette dénomination que les premiers brevets ont été déposés. Elle produit de la lumière en portant à incandescence un filament de tungstène (env. 2’500°). Longtemps, le filament était en carbone, ce qui avait comme désavantage de noircir le verre. Pour augmenter la durée de vie d’une ampoule, on lui injecte un gaz inerte. Ce gaz permet également au filament d’atteindre une température plus élevée et, par conséquent, augmenter la luminosité de l’ampoule.
| Durée de vie | environ 1'000 heures |
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coût d’achat très bas – possibilité de jeter dans les ordures ménagères |
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très faible rendement. Elles produisent 95% de chaleur et 5% de lumière. Durée de vie limitée |
| Classe | E et G |
| Interdites à la vente |
1.9.2011: les lampes de 60 watts et plus, n’atteignant pas la classe d’efficacité C, soit la quasi-totalité des lampes à incandescence traditionnelles. 1.9.2012: toutes les lampes à incandescence traditionnelles, à l’exception des lampes réflecteurs. |
Lampes halogènes
Il s’agit d’une évolution de l’ampoule à incandescence classique, mise au point à la fin des années 50 par E.G. Zubler et F. Mosby, employés de General Electric. Le but des recherches était de réduire l’usure du filament, afin de limiter le noircissement de l’ampoule dû à l’évaporation du filament de tungstène. La solution consistait à injecter, à l’intérieur de l’ampoule, un mélange de gaz noble et d’un gaz halogéné (de halos = sel). La durée de vie par rapport à l’ampoule s’est prolongée et le cycle chimique permet un rendement accru. Le verre ne résistant pas à une température aussi élevée (permettant une plus grande luminosité par la réduction du filament), l’ampoule a donc été fabriquée en quartz. Problème : en touchant l’ampoule avec les doigts, une fine pellicule de graisse est déposée sur la surface, laquelle ternit la lampe, diminue l’efficacité et, parfois, fait éclater l’ampoule lorsqu’on allume la lampe.
Seules les lampes halogènes à bas voltage (6V – 12 V – 24 V) ont besoin d’un transformateur.
| Idéal pour | les personnes qui souhaitent conserver la qualité de lumière des lampes à incandescence classiques. Ces lampes conviennent aux pièces que l’on allume/éteint souvent, tels les passages, corridors, éclairage d’ambiance etc. |
| Durée de vie | environ 2'000 heures, soit le double d’une ampoule incandescente traditionnelle. |
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allumage instantané jusqu’à 30% d’économie par rapport à une lampe à incandescence traditionnelle ne contiennent pas de mercure et, par conséquent, peut être jetée dans les ordures ménagères. |
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produisent beaucoup de chaleur, attention lors de la manutention émettent des rayons ultraviolets (à placer un verre ou un plastique devant la lampe) |
| Conseil | en cas de bris du verre, aérez et quittez la pièce pendant environ 30 minutes + laissez le mercure s’évaporer. |
| Classe | C et D |
| Interdites à la vente | dès 2016 (sauf ampoules spéciales classe B) |
Lampes fluocompactes (LFC)
Appelées également « lampes à basse consommation » (LBC)
Contrairement aux lampes traditionnelles, elles ne comportent plus de filament. Une décharge électrique traverse un gaz constitué d’un mélange de vapeur de mercure et d’un gaz noble, produisant un rayonnement ultraviolet. Cette lumière, non exploitable directement dans un but d’éclairage, est absorbée par une poudre fluorescente recouvrant la paroi interne de l’ampoule de verre. Cette poudre restitue l’énergie lumineuse sous forme de lumière visible (Wikipédia).
La disposition électronique du culot émet un champ magnétique qui peut être dangereux pour l’organisme à une distance inférieure à 20-30 cm.
| Idéal pour | les pièces comme la cuisine, salle de bain, salle à manger, garage. Evitez de les placer dans les toilettes, les couloirs. A proscrire comme lampe de chevet à cause de son rayonnement. |
| Durée de vie | entre 5'000 h et 20'000 h, selon la fréquence d’allumage et d’extinction – environ 8 ans, soit 6 à 8 fois plus long qu’une ampoule à incandescence. |
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grande économie d’énergie – une ampoule de 8 watts équivaut à une ampoule à incandescence de 40 watts manipulation sans risque de brûlure, même après plusieurs heures de fonctionnement. |
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les ampoules mettent un certain temps (environ 60 secondes) avant d’arriver au plein éclairage. Il existe des lampes à allumage rapide (Quick light) qui diminuent ce temps d’environ 50%. Polluantes en cas de rejet non contrôlé ou de casse, à cause du mercure qu’elles contiennent. Peu propices à l’utilisation extérieure, notamment en cas de températures négatives. En raison de la présence du mercure, les ampoules doivent être rapportées au magasin et ne peuvent en aucun cas être jetées dans les ordures ménagères. Une inscription figure en principe sur l’emballage (parfois sur le dessous). |
| Conseil | en cas de bris du verre, aérez et quittez la pièce pendant environ 30 minutes + laissez le mercure s’évaporer. |
| Classe | A et B |
Lampes fluorescentes
Les tubes linéaires, improprement appelés « néons », sont de loin les lampes fluorescentes les plus utilisées. Ils contiennent de l’argon et une goutte de mercure; ils émettent des rayonnements ultraviolets qui sont transformés en photons lumineux au contact des pigments fluorescents tapissant la paroi intérieure du tube. Pour fonctionner, la lampe nécessite un dispositif comprenant un starter fournissant l’impulsion électrique pour exciter le gaz et un ballast supprimant le scintillement. Leur durée de vie est d’environ 6'000 à 8’000 heures.
Les lampes fluorescentes sont principalement utilisées dans les bureaux, garages et parfois en cuisine. Du point de vue énergétique, elles sont comparables aux lampes fluocompactes; elles font partie de la classe énergétique A.
Les lampes fluorescentes doivent être rapportées au magasin et ne peuvent en aucun cas être jetées dans les ordures ménagères.
Lampes LED (Light emitting diodes) – DEL (Diode électroluminescente)
Une diode électroluminescente, abrégée sous les sigles DEL ou LED, est un composant opto-électronique capable d’émettre de la lumière lorsqu’il est parcouru par un courant électrique. Les LED sont considérés par beaucoup comme une technologie d’avenir dans le domaine de l’éclairage en général. Certains estiment que, d’ici à 2020, les LED pourraient représenter 75% du marché de l’éclairage.
Le grand public connaît surtout les diodes électroluminescentes de faible puissance (≤ 1 W). Ce sont elles qui jouent le rôle de voyant lumineux sur les appareils électroménagers. Les LED de forte puissance (≥ 1 W) sont moins connues ; elles sont pourtant en plein essor : flash de téléphones portables, éclairage domestique, éclairage de spectacles, lampes de poche etc. On peut également classer les LED en fonction de la répartition de l’énergie dans la gamme de longueur d’onde couvrant le visible (chromatique et blanche) et l’invisible (infrarouge). Les deux premières catégories sont utilisées dans l’éclairage et la troisième pour le positionnement (console Wii) , l’éclairage pour caméra infrarouge et les télécommandes (Wikipédia).

| Idéal pour | éclairage ponctuel, tels que lampe de chevet, guirlande lumineuse, dressing, éclairage décoratif, plans de travail etc. |
| Durée de vie | pour les ampoules de bonne qualité env. 45'000h, soit 20-25 ans. |
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très longue durée de vie faible consommation allumage instantané ne brûle pas ne contient pas de mercure |
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produisent beaucoup de chaleur, attention lors de la manutention émettent des rayons ultraviolets (à placer un verre ou un plastique devant la lampe) |
| Observation |
lumière froide, pour l’instant inadaptée dans les pièces à vivre, mais de grandes améliorations sont actuellement en cours év. risque pour les yeux des nourrissons en cas d’exposition longue et répétée. |
| Classe | hors classe, puisque consommation de ≤ 4 watts |
La prochaine génération de lampes d’ambiance sera probablement composée des OLED’s (diode électroluminescent organique). Cette technique consiste à superposer plusieurs couches de semi-conductrices organiques entre deux électrodes, dont l’une (au moins) est transparente (Wikipedia). Elle est actuellement utilisée pour l’affichage dans les écrans plats. Avec les énormes investissements dans la recherche pour le développement des OLED’s, on peut affirmer que leur application dans l’éclairage est assez proche, mais avec beaucoup d’améliorations à venir (Patrizia Melpignano, Cristina Cioarec).
Etiquetage des emballages
Comme pour les équipements électroménagers, l’étiquette énergie est obligatoire pour les lampes. Y figurent :
- L’efficacité énergétique, graduée de A (pour les plus sobres) à G (pour les plus gaspilleuses)
- L’efficacité lumineuse, exprimée en lumens par watt. Elle permet de comparer les lampes entre elles. Plus le chiffre est grand, plus la lampe émet de lumière pour une même énergie consommée.
L’étiquette énergie est complétée par trois indications
- Le flux lumineux de la lampe, exprimé en lumen
- La puissance électrique, exprimée en watt
- La durée de vie, exprimée en heures ou en années (information pas toujours obligatoire).
Les fournisseurs ajoutent encore des informations complémentaires, non obligatoires, tels que : type de culot, orientation de la couleur, comparaison avec « wattage » d’une lampe à incandescence etc.
Voir détail sur emballage : exemple OSRAM
Conclusion et résumé pour le prochain achat
Lors que vous jetterez votre dernière ampoule à incandescence, puisque cela est encore permis pour cette catégorie, vous vous poserez la question sur le type de lampes que vous allez acquérir.
Si vous êtes pressé, lisez au moins les avantages et inconvénients énumérés ci-devant. Par contre, si vous disposez de beaucoup de temps, consultez quelques-uns des nombreux sites internet consacrés à ce sujet. Vous en trouverez quatre intéressants ci-dessous.
En résumé :
- Votre choix sera en premier lieu déterminé par la pièce (séjour-corridor etc) et l’endroit (plafond-coin lecture-applique) où vous devez remplacer l’ampoule.
- Votre choix sera également déterminé par votre crainte ou de votre mépris du (faible) rayonnement magnétique émis par une catégorie de lampes et de votre verve écologique.
- Le meilleur prix n’est pas la meilleure affaire. Tenez compte de la longévité de la lampe.
Enfin, souvenez-vous que le choix des lampes n’est pas la seule économie d’énergie que vous pouvez réaliser. Eteignez la lumière lorsque vous quittez une pièce ; manipulez les lampes fluocompactes par le culot ; multipliez les points lumineux en fonction de l’utilisation, une lampe de 5 watt suffit pour regarder la TV.
Votre assistant

FILAMENT*…un peu éteint
*Inséparable adjoint et compagnon de Geo Trouvetou
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